Le plomb et le système d’eau romaine

Un demi-siècle après que le saturnisme fut désigné comme le responsable de la chute de l’Empire romain, une salve de publications visant à réfuter cette idée mit un terme à cette théorie. Même si aujourd’hui le plomb n’est donc plus considéré comme le principal coupable de la décadence de la civilisation romaine, son statut dans le système de distribution de l’eau se dresse toujours comme un problème majeur de santé publique.

En mesurant les compositions isotopiques du plomb dans les sédiments du bassin portuaire de la Rome impériale (Portus) et du Tibre, cette étude montre que « l’eau du robinet » de la Rome antique contenait jusqu’à 100 fois plus de plomb que les eaux des sources locales. Par ailleurs, les discontinuités du signal isotopique du plomb dans les dépôts sédimentaires étudiés indiquent qu’elles sont intimement liées aux principaux événements historiques ayant affecté la fin de l’Antiquité à Rome et son système de canalisations des eaux.

Ces recherches ont été menées par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs lyonnais impliquant le laboratoire « Environnement, Ville, Société » (EVS, CNRS/Lyon2/Lyon3/UJM/INSA de Lyon/ENS de Lyon/ENTPE), le laboratoire de Géologie de Lyon Terre, Planète, Environnement (ENS de Lyon /Université Claude Bernard Lyon 1/CNRS) et le laboratoire Archéorient (CNRS/Université Lumière Lyon 2) de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée – Jean Pouilloux. Cette étude a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences(PNAS) du mois d’avril 2014.

Document de recherchehttp://www.pnas.org/content/111/18/6594.abstract

  1. Hugo Delile
  2. Janne Blichert-Toft
  3. Jean-Philippe Goiran
  4. Simon Keay
  5. Francis Albarède

Article du Guardian: http://www.theguardian.com/science/2014/apr/21/ancient-rome-tap-water-contaminated-lead-researchers

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